jeudi 21 février 2013

Je réclame 50 minutes de mon attention

Le Smartphone semble être devenu un objet indispensable pour bon nombre d’entre nous… au point qu’on retourne le chercher chez soi à chaque fois qu’on l’a oublié. En quelques mois seulement, il est devenu tout aussi indispensable que sa carte de crédit, ses papiers, ses clés. Mais, à la différence de ses autres objets de notre quotidien, le Smartphone n’est pas dédié à un seul usage. Le Smartphone lui peut servir à tout, du plus utile au plus futile, du plus indispensable au plus chronophage.

Puisqu’on le porte déjà sur soi pour être joignable, la tentation est donc forte de le laisser insidieusement occuper tout l’espace disponible. Adieu réveil matin,  bulletin météo télévisé, exit le plan, le journal, l’agenda et le bloc-notes en papier. Inutile le dictionnaire des langues, etc. Même des objets technologiques plus récents comme le baladeur MP3, le GPS de voiture, le capteur d’activité sont aujourd’hui menacés par le Smartphone qui intègre déjà ces fonctions.

Le Smartphone devient le bras armé de la dématérialisation de nos gestes quotidiens. Pour ces aficionados de plus en plus nombreux, il refait en mieux ce que faisait les objets de notre quotidien quitte à muter pour intégrer de nouvelles fonctions : un écran plus grand ou dépliable pour remplacer la télévision, une puce NFC pour remplacer la carte bleue...



20 ans plus tard tous ces objets sont remplaçables par un Smartphone

Mais le Smartphone n'est pas un simple couteau Suisse. Car l'outil formate la pensée de l'artisan. A quoi bon chercher uniquement dans son cerveau une réponse que connaît déjà l'application Google ou Wikipédia ? 

Dès que Steve Jobs a brandi le premier iPhone en 2007, il m'apparu comme une évidence qu'avec Internet dans sa poche 24h/24 et 7j/7 le monde ne serait plus jamais comme avant. Avec le recul, 6 ans plus tard, puis-je être sûr qu'il s'agit pour autant d'un monde meilleur ?

L'époque de la fascination aveugle pour la nouveauté est désormais derrière moi. L'enthousiasme débridé de l'exploration des nouveaux usages ne doit pas justifier tous les excès. En route pour la mise en place des usages raisonnés. Plus l'animal est puissant, plus il faut apprendre à la dompter rapidement !

Fixons nous des limites à son usage. Ne laissons plus notre Smartphone nous suivre partout en tout temps et en tout lieu, comme un animal de compagnie mal dressé. 

Réapprenons à lire un livre à la fois. Réapprenons à écrire dans un bloc note de papier blanc. Pensons par nous même au lieu d'interroger notre réseau. Agissons de nous même au lieu de réagir à la notification qui vient de s'afficher sur notre Smartphone.

Agir au lieu de réagir aux notifications

Vous avez sans doute lu que la capacité maximale d'attention était de 50 minutes. Mais on parlait alors de l'attention d'une salle de classe pour des élèves non équipés de Smartphone. Dans vos réunions, si tous vos collègues viennent avec leur Smartphone, je peux vous garantir que la capacité maximale d'attention est bien plus faible que cela !

Récupérons vite notre cerveau de l'ère pré-internet !

Post-scriptum : ce billet a été écrit en moins de 50 minutes mais dans des circonstances rarissimes, mon Smartphone était tombé en panne de batterie pendant 8 heures d'affilée !

Slogans for the Early 21st Century, Douglas Coupland, 2012. 
Daniel Faria Gallery, Toronto, Photo credit: Jennifer Rose Sciarrino

7 commentaires:

virginie B a dit…

j'adore ton billet... excellent... je suis addict à mon i phone, je ne le coupe jamais et pourtant j'essaye d'écrire, de penser par moi même et j'ai même réussi cette année à reprendre un agenda papier et à écrire quelques cartes de voeux !!! dis moi que je suis dans le moove...

Emmanuel Gadenne a dit…

Bien-sûr que tu es dans le move Virginie et question addiction je ne fais pas mieux que toi. J'ai un iPhone sur moi depuis 4 ans 1/2 et franchement j'ai passé un excellent moment quand il est tombé en panne de batteries 8 heures d'affilé. J'ai vraiment eu l'impression d'avoir récupéré quelque chose... quelque chose que je ne peux plus avoir quand je l'ai sur moi en permanence. Ça ne retire rien aux qualités de ce merveilleux objet mais ça me fait réfléchir... sur moi !

MaO de Paris a dit…

Je ne me reconnais pas dans ton billet :-) J'ai un iPhone depuis 5b ans, je ne suis pas sure d'être addict à ce petit appareil mais plutôt à Internet en général. Le smartphone n'étant pour moi qu'un outil pour avoir accès au web d'à peu près partout. Et si je remonte le chercher lorsque je l'ai oublié, c'est plus par peur de louper un appel ou un sms important. Les heures d'attente - métro, commerces, médecin, école... - je les passe plus volontiers dans un livre (enfin dans mon kindle) et le clavier de l'iphone est tellement petit que je ne m'en sers quasiment jamais pour écrire. Je préfère un ordinateur, à la rigueur un ipad et à défaut un stylo et une feuille. Par contre retire moi mon ordi et l'accès à Internet et là je dépéri !

Anonyme a dit…

Ma vie avec le smartphone : d'abord, il m'est utile comme GPS, service météo, programme TV. En second, il me sert de mémo, me permet de rester connecter avec les réseaux sociaux pour contacter mes ami(e)s, surtout qu'ils sont loin (Paris, Strasbourg, Lyon, Evreux). Mon téléphone me sert que pour le domaine privé. Au boulot, j'ai toujours une feuille pour noter les tâches de la semaine et mon agenda papier pour les RDV, réunion...Je ne me considère pas comme une addicte du smartphone.Je m'en passe très bien surtout quand je vais marcher, faire de la rando etc.
Savoir contempler ce qui se passe autour de soi, la nature, les gens, nos proches, la vie quotidienne du quartier, c'est la recette du bien-être. Et après on peut partager cela sur les réseaux !! Laeti

Emmanuel Gadenne a dit…

Merci pour vos commentaires @MaO de Paris et @Laeti. Votre façon d'utiliser un smartphone me fait rêver. Je vais tenter de m'inspirer de vos usages et on en reparle dans quelques semaines.

Philippe Tricoire a dit…

Je me considère comme...addict, à mon vieux bb (que je vais bientôt remplacer : faut vivre avec son temps), et aux medias sociaux pour la connexion aux autres et leur extraordinaire...rapidité. Cependant, je suis off souvent : vacances (15 js mini), weekend (svt) et surtout qd je suis in real life ! La vraie vie est là qui nous tends les bras : profitons. Merci pour ton billet en tout cas que je consulte un vieux Dimanche soir (mais j'ai une excuse : suis seul ce we).
Amicalement
Philippe

Emmanuel Gadenne a dit…

Merci pour ton commentaire Philippe. A te lire, je trouve que tu n'es pas si addict et c'est tant mieux !!