samedi 17 octobre 2009

Les réseaux sociaux et la productivité dans les entreprises !



[Edit]
  • Ce sujet a été lancé sur Techtoc.tv, pour un débat enregistré le 29/10. N'hésite pas à participer à l'ensemble de la discussion en rejoignant le débat.
  • Ce billet est actuellement en cours de ré-écriture sur une Google Wave. Julien Dorra et Olivier Schimpf ont déjà proposé leurs contributions, alors pourquoi pas toi ? Si tu souhaites participer à cette co-écriture, laisse moi ton adresse Google Wave en commentaire sous la forme egadenne@googlewave.com
Les réseaux sociaux, LinkedIn, Viadeo, Twitter, Facebook et consorts sont-ils source de perte de productivité dans les entreprises ?

L'usage des réseaux sociaux présente des caractéristiques parfois contradictoires :


Côté plus :

-1- en utilisant la sagesse des foules et la viralité, il est possible d'obtenir rapidement des réponses à des questions avec un degré de confiance plus élevé qu'en utilisant un moteur de recherche.
Ainsi, par expérience, lorsque je pose une question pratique ou technique sur Twitter, celle-ci est souvent retweetée et au bout d'une dizaine de minutes je reçois plusieurs dizaines de réponses dont 80-90% sont correctes. La viralité est ici assurée par le mécanisme du retweet. Quant à la sagesse des foules, elle s'exprime au travers du fait que la réponse engage celui qui la donne et qu'en cas de doute en général l'être humain s'abstient, ce que ne sait pas faire le moteur de recherche.

Côté moins :

-2- le networking est rapidement addictif. S'il permet dans un premier temps d'occuper utilement son temps de pause au travail, il peut, après quelques mois de pratique, devenir un besoin qu'il est nécessaire de satisfaire à intervalle régulier. De même que l'on va voir toute les heures si on pas reçu un nouveau mail, on est alors susceptible d'aller voir trop fréquemment si on a pas reçu un nouveau tweet, un nouveau reply, un nouveau direct message... Faute d'un réglage adéquat, les réseaux sociaux seront aussi des émetteurs de mails trop fréquents susceptibles d'engorger votre boîte aux lettres.

Côté plus ou moins :

-3- les réseaux sociaux sont le lieux d'exercice idéal de la sérendipité. En clair, on y trouve ce qu'on y cherchait pas au départ. Cette sérendipité est idéale pour la veille, l'innovation, le partage d'une culture avec ses pairs, et le développement de son domaine de spécialisation aux contacts des experts. Cette capacité à trouver, plus ou moins vite, autre chose que ce que l'on était venu chercher au départ peut aussi constituer un frein à la réalisation rapide de tâches simples. Oui parfois, on aurait pu trouver la réponse plus vite dans le moteur de recherche Google ou dans Wikipédia qu'en collaborant de façon trop systématique avec son réseau.

Si vous pensez que l'usage de certains réseaux sociaux ne peut pas être toléré dans l'entreprise, militez pour le blocage de celui-ci dans le firewall. N'oubliez pas que certains de vos employés ont sans doute déjà utilisé ces réseaux pour produire, dans le cadre d'autres entreprises ou organisations - universités, écoles, associations...
Considérez ces réseaux sociaux comme des outils. Si vous pensez que vos employés ne peuvent utiliser ces outils sans danger pour leur productivité, il ne faut pas leur en laisser l'accès.

Les réseaux sociaux sont des outils de communication apparus au 21e siècle, tout comme le téléphone a été un outil de communication apparu avec le 20e siècle. Il n' y a pas si longtemps, on hésitait à donner le téléphone à certains employés. Il n'aurait pas fallu qu'ils perdent du temps de travail à appeller chez eux.
Aujourd'hui, on en est plus à noter les numéros de téléphone portable de ses collègues dans son propre téléphone portable, au cas où...

Certains usages continueront à être dénnoncés ça et là. Baisse de productivité ou discours négatif sur son entreprise ou ses collègues peuvent être parfois observés sur ces outils, mais il en est de même avec tous les outils de communication, que ce soit au sein de l'entreprise ou à l'extérieur de celle-ci, que ce soit durant les heures de travail ou non...

L'usage de la messagerie est aujourd'hui très codifiée en entreprise, mais il y a 15 ans, il était fréquent de voir passer des mails qui parfois coûtaient chers à leurs auteurs. Peu à peu, chaque outil utilisé dans l'enceinte de l'entreprise sera pourvu de ses règles d'usage et de son étiquette... Après le mail, viendre le tour de Facebook, Twitter, Viadeo, LinkedIn, Google Wave...

Au boulot !


3 commentaires:

Vince a dit…

Ce sujet a été lancé sur Techtoctv pour un enregistrement/débat le 29/10 il serait bien d'en faire mention dans ton article

http://techtoc.tv/event/245/entreprise-2.0/entreprise-2.0--les-fondements/les-reseaux-sociaux-sont-ils-une-source-de-baisse-de-productivite

Emmanuel GADENNE a dit…

Merci Vincent pour ton commentaire, j'ai apporté la précision demandée. Pour infos, j'ai aussi commencé une version plus complète de ce billet sur une Google Wave, grâce à l'aide de co-rédacteurs : Julien Dorra, Olivier Schimpf.

Scientifique à ses heures a dit…

Concernant votre avantage n°1, il s'agit en fait d'une normalisation des pratiques techniques (le partage d'une culture avec ses pairs. Celle ci ne se fait plus par l'écriture de procédures de standardisation ou de normalisation, mais automatiquement par le biais du réseau. Chacun trouve cette question et y répond de la même façon puisqu'il a trouvé la réponse ... dans un réseau équivalent. Normalisation bien connue.
La notion de serendipité (quel beau néologisme !!!) est sûrement exacte, et provient bien d'un réseau, quel qu'un soit (et les réseaux sociaux ne sont qu'un des nombreux exemples). D'où le commentaire qui suit : Oui parfois, on aurait pu trouver la réponse plus vite dans le moteur de recherche Google ou dans Wikipédia qu'en collaborant de façon trop systématique avec son réseau.. J'aurais ajouté un newsgroup, ou forum, etc. Ce commentaire est logique dès lors que les réseaux sont équivalents.
Concernant enfin cette amélioration aux contacts des experts, il faut aussi remarquer que l'expert n'est pas forcément un expert de la place. Il peut provenir de la société publique, être un amateur très éclairé, etc. Donc, d'un point de vue formel, l'apprentissage de et par les réseaux, qu'ils soient sociaux ou non, devraient apporter plus au salarié qu'on peut imaginer. Néanmoins, je ne fais pas plus confiance à mon prochain aujourd'hui qu'hier : son grégarisme le poussera sûrement à aller chercher des infos "qui lui ressemblent", ne serait ce que dans un esprit personnel de normalisation vis à vis de son entourage.